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Catherine, qui avait hérité de l'unique place en première
classe, nous a finalement rejoint sur le pont. Sa voisine de cabine, ayant
embarqué à l'escale avec une chèvre et deux canards, le confort de la
cabine s'en est sensiblement ressenti. Elle nous raconte la chèvre attachée
au lavabo, les canards volants dans la cabine, nous rions beaucoup à son
récit. Dans
la cabine de seconde, Gauthier s'est installé sur la couchette du haut
et dévore Dostoiewski. Il ne quittera sa couchette et sa lecture qu'à
l'heure du déjeuner ou du dîner. Qu'est ce qui nous a rassemblés sur ce
bateau nous tous si différents les uns des autres ? le goût de l'aventure
? la curiosité de l'autre ? Peut-être l'impression de nous libérer de
notre histoire en venant en Afrique, où existe encore ce rapport fondamental
entre l'homme et la nature. Dans
les coursives s'est organisé un commerce des plus actifs : tout se vend
et tout s'achète. Chaque transaction s'accompagne de cris, comme si la
vie des protagonistes dépendait de la négociation. D'autres négociations
plus feutrées, se concluent dans les cabines. Un noir nous propose des
objets d'art africain. Nous le suivons convaincus qu'il nous proposera
les copies habituelles, mal finies. Qu'elle n'est pas notre surprise de
le voir déballer un masque splendide, peut-être Baluba, vraisemblablement
authentique. Il est très rare, sinon impossible de trouver des belles
pièces d'artisanat, les missionnaires et autres colons ayant écumé jusqu'aux
villages les plus reculés. Ce masque constitue une exception, à moins
qu'il n'ai été volé dans un musée, ce qui ne serait pas du tout impossible...Dans
la salle des troisièmes classes, la chaleur est étouffante, les odeurs
âcres nous suffoquent. Des petits bébés pleurent, ils vont passer les
deux ou trois jours du voyage dans cette atmosphère. Nous préférons remonter
sur le pont respirer.
au restaurant...
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