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Lettre d'information :

 

92 à 117 ONG à Kigali selon les évaluations

Lundi nous commençons nos visites aux différentes organisations pour démarrer notre projet : CICR, HCR., UNAMIR, MINUAR, PAM, MSF, MDM, je me perds au milieu de tous ces sigles. La majorité des personnes que Sophie souhaite rencontrer ne sont pas là ce qui nous oblige à revenir. Nous cherchons le ministère des droits de la femme, "Est ce que cela existe ?" nous renvoie le militaire à qui nous avons posé la question. Quoi, le ministère ou les droits des femmes ? Finalement, nous trouvons : il s’appelle le ministère de la famille et de la condition féminine, il est installé dans les locaux d’un ancien salon de coiffure. Mais quand nous nous y rendons, il a déménagé et nous perdrons encore beaucoup de temps à le trouver.


Marc VAITER "je n'ai pas pu les sauver tous"
Edition PLON

Ministère de la réhabilitation : les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés: pas de téléphone, pas d’électricité, donc pas d’éclairage ni d’informatique, pas de véhicule. Nous rencontrons Evode et Immaculée. Je devrais m’habituer à ces prénoms ainsi qu’aux différents Callixte, Isidore, Sylvestre, Léonidas, Léoncie, ou Vénantie. Immaculée est un peu découragée : on lui a rapporté que les orphelinats de Kayonza, Rwamagana, et Gahini n’ont plus de nourriture, et ils n’ont rien pu entreprendre faute de moyens. Sophie propose que nous nous en chargions : "ça te fera un bon exercice pour te mettre dans le bain" me dit-elle.  

Une tonne de riz, 500 kg de sucre, et 500 l. d’huile. Où vais-je trouver tout cela ? "Tu te débrouilles, avec toutes les ONG en place, ce n’est pas le choix qui te manque." Je commence timidement par l’Unicef : Section nutrition, je rencontre Willy, il a très certainement de l’huile, mais son gestionnaire de stock n’est pas là et je devrais revenir demain. Je lui demande s’il sait où je pourrais obtenir du riz et du sucre, il me conseille le PAM (programme alimentaire mondial) pour le riz et Charitas pour le sucre. Il ne faut pas crier victoire trop tôt, mais cela semble plus facile que je ne l’aurais cru. En attendant Sophie je discute avec un Lyonnais : il a fondé une petite ONG avec un copain. Il a commencé en faisant du ramassage de matériel scolaire pour les pays de l’Est, et aujourd’hui ils sont au Rwanda. Ils ont l’impression de faire du bon travail, à petite échelle, mais bien... 

Mardi, au PAM je suis accueilli par Jean Pierre, il n’a pas de riz, mais me propose de la farine de maïs, il me dit que je ne trouverai pas de riz à Kigali, j’accepte. Il a aussi du sucre. Dans la foulée je lui demande un camion pour le transport. Pas de chance : ça ne peut pas marcher à tous les coups. Demain nous devons aller à Gitarama visiter l'hôpital avec Sophie. Je n’ai pas encore de camion, mais "j’ai la chance", j’en trouverai un, je prends rendez-vous pour Jeudi pour enlever la marchandise et assurer la livraison aux orphelinats.  


Le père Henri BLANCHARD

Une des réflexions que je me suis faite en arrivant est que beaucoup des personnes que je rencontrais ignoraient tout de l’Afrique. Elles appliquaient leur schémas de pensée européenne aux situations qu’elles rencontraient. Un peu comme l’avaient fait les colons des années auparavant. Ce qui avait fait faillite auparavant n’avait que peu de chance de fonctionner aujourd’hui.  

C'était souvent moins sensible dans les situations d’urgence, où il faut aller très vite, mais très handicapant avec les programmes de développement.

En ce qui concerne la farine de maïs, j’ai goûté une préparation dans un des orphelinats que j’ai visité. Ce n’était vraiment pas bon. Beaucoup de personnes se plaignaient que cela donnait la diarrhée aux enfants. Je suis convaincu que la farine n’était pas en cause mais la façon de la préparer : N’ayant pas l’habitude d’en consommer, ils ne savaient pas la préparer.


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Textes et photos JPW©