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Les belles histoires de John : histoire de Dame Amlandjo

John T. anime une liste de distribution sur l'Afrique, parfois, il nous fait profiter d'une petite histoire,

Je luis ai demandé l'autorisation de publier ici quelques unes de ces histoires, qui constituent de savoureux moments de pure poésie Africaine.

(ça a commencé un soir d' août 1997).

Puisque la liste est un peu calme, j'aimerais profiter de cela pour vous conter une petite histoire.

Il y avait dans un village quelque part à Betadougou (qui signifie le village de tout le monde) alias Kotadala (Dans la gueule des problèmes), plus connue sous le nom de Côte D'Ivoire, une dame très querelleuse.

Son nom était Kouassi Amlandjo Koungoaitaie alias "la luciole".

Cette dame avait acquis l'infâme réputation de chercher palabre à tout ceux qu'elle rencontrait. En fait dame Amlandjo ne cherchait pas palabre pour elle même mais pour son fils, car tous ceux qu'elle provoquait, elle le faisait pour que son fiston qui, étant d'une carrure à couper le souffle à un buffle, qui très vite leur administrait une belle raclée pour manque de respect à sa mère.

On le comprenait, car pour l'amour d'une mère qui ne risquerait pas  sa vie?

Le fils était bien bâti,  il était   fait de muscles, sa mâchoire (que les jeunes du village appelaient les kpakites) ne reculait devant rien :les cailloux étaient broyés au gré de son humeur comme des cacahuètes, et quand sa colère dépassait le seuil de tolérance, c'étaient les barres de fers qui faisaient les frais. 

Pour intimider ses adversaires il ramassait un tas de mica, feldspath, et quartz et les  passait au supplice de ses canines, molaires et prémolaires. L'individu était la force brutale revêtue de corps humain.  Au village il inspirait la terreur. Son nom était Moninyairait qui signifiait trou de souris. L'individu ne ressemblait en rien à un trou de souris voire même à un trou de rat. 

Amlandjo vantait à qui voulait l'entendre que son fils était le plus fort du village et que personne n'oserait la toucher elle, la mère du légendaire Moninyairait.

Un jour entrait dans le village un nouveau venu, il faisait tourner la tête à qui le rencontrait. Son nom était Bozandje qui signifiait "ses propres funérailles", comme son nom le suggérait, il était le messager de la mort. Bozandje mesurait 2,5 mètres, tout de fibres de myosine et d'actine entrelacées. Son visage confirmait l'origine australopithèquaine de ses ancêtres et certains plaisantins suggéraient que sa mère avait été violée par un gorille.   Ses narines à elles seules faisaient le trou de rat, et quand il inspirait, il vidait son entourage du trop plein de molécules d'oxygène. Ses arcades sourcilières avaient été comme jetées à sa figure, et pendaient au dessus de ses orbites. 

Bozandje se savait très laid aussi il menaçait tous ceux qui dardaient un peu trop les regards sur ses anomalies. Lorsqu'Amlangjo rencontra Bozandje, elle ne put retenir son rire et se lança dans un éclat de rire suicidaire. Elle  se traînait par terre et se tortillait de rire, lançant des adjectifs à l'endroit de Bozandje qui ne comprenait pas comment une femme aussi freluquée pouvait ainsi risquer à tel point sa vie.....

Tout en colère, Bozandje se jeta sur Amlandjo, la souleva, et lui envoya un de ces coups de tête qui fit atterrir la dame   dans un tas de chiendent face en avant. Amlandjo se leva et tout en pleurs courut chez son fils.  "Mon fils, y'a quelqu'un qui m'a battu" Le fils  qui depuis longtemps n'avait pas eu à se battre  demanda à sa mère de lui montrer celui qui avait osé lui porter main. L’enfant et la mère coururent vers Bozandje qui  semblant avoir oublié l'incident marchait   tout calmement vers son lieu de couchette.  Dame Amlandjo vint et  se pointa devant Bozandje. "Mon fils, voilà le vilain qui m'a frappée" et s'adressant à Bozandje elle dit "Toi ce sont les femmes seulement que tu peux frapper, voici mon fils, touche-moi et tu ne toucheras plus personne le reste de ta vie".

Pour la première fois Moninyairait rencontrait Bozandje, et pour la première fois, il découvrit la peur. Mais il était trop tard . Il savait que ses derniers jours venaient de sonner. Alors il lui fallait utiliser ses quelques cellules cérébrales qui lui restaient, et l'urgence de la situation ne se prêtait pas à des erreurs.   Moninyairait regardant  Bozandje dans les yeux lui dit :

- " Est-ce vraiment toi qui as battu ma mère?"
- "Oui" répondit Bozandje. "
- "Si c'est vraiment toi, tape ma mère encore devant moi que je vois"

Tout en colère, Bozandje qui se sentait défié,  administra un direct de gauche suivi d'un uppercut de  droite accompagné d'un coup de pied dans le bas-ventre à la pauvre dame qui alla atterrir aux pieds de son fils. Comme si cela ne suffisait pas Bozandje se jeta sur la dame déjà dans un état bien piteux. Il la souleva pour lui faire goûter à son acholiait légendaire qui était une suite accélérée de droite et de gauche à la maxillaire inférieure suivie d'un maegeri dans le derrière pour fermer le show. Moninyairait s'adressant à Ozandje, lui dit: "Merci mon frère, cette femme- là va me tuer un jour, merci beaucoup pour ton service"

Et s'adressant à sa mère, il lui dit : "maman, lève-toi, on va à la maison, je t'ai toujours dit de laisser les gens en paix".

Bozandje n'en revenait pas, la bouche toute ouverte comme  celui à qui on n'avait servi que l'entrée et qui se voyait dérobé de son plat de consistance. La mère et le fils l'un après l'autre allèrent à la maison. Depuis ce jour, dame Amlandjo devint la dame la plus polie et la plus paisible du village.

Pour les gens du village on dira : "à quelque chose malheur est bon"

C'était la mon petit mensonge de la journée!
 
John

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Textes John Tra ©